Une note de notre co-fondatrice à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes
Aujourd’hui encore, la santé des femmes reste un impensé dans le monde du travail. Douleurs chroniques minimisées, infertilité et PMA vécues dans le silence, impact des cycles hormonaux ignoré dans l’organisation du travail… Ces réalités touchent pourtant des millions de femmes et ont des conséquences directes sur leur bien-être, leur engagement et leur performance en entreprise.
Si nous voulons bâtir des organisations réellement inclusives et performantes, nous devons cesser de considérer la santé des femmes comme une question privée. Elle est un enjeu stratégique, économique et sociétal.
Combien de femmes doivent faire face à des douleurs chroniques minimisées, à l'infertilité et aux parcours de PMA vécus dans le silence ? Combien d'entre elles s'auto-censurent, par peur d'être perçues comme moins performantes ? Ces réalités touchent des millions de femmes et ont des conséquences profondes sur leur vie professionnelle.
Mon propre parcours, marqué par le diagnostic du SOPK, la PMA et le deuil périnatal, m'a fait réaliser à quel point ces sujets restent tabous dans l'entreprise. J'ai vu combien de femmes doivent poser des congés pour gérer leurs douleurs ou leurs traitements, faute d'une politique adaptée. J'ai vu combien elles s'effacent, par peur d'être jugées.
Mais je crois que nous ne pouvons plus nous permettre cette ignorance. Un environnement de travail qui ne prend pas en compte la santé des femmes est un environnement qui les pénalise, les pousse à s'effacer, et freine leur progression.
Intégrer le prisme du genre dans la santé en entreprise : une nécessité, pas une option
Nous devons changer de paradigme. Cela passe par des politiques RH qui intègrent enfin les réalités biologiques et hormonales des femmes :
✅ Des aménagements pour les douleurs menstruelles invalidantes et les traitements de fertilité.
✅ Une meilleure prise en charge des risques spécifiques aux femmes en matière de santé mentale et physique.
✅ Un accompagnement du retour au travail après un parcours de PMA, une fausse couche ou un deuil périnatal.
Ces mesures ne sont pas du confort. Elles sont la condition d’un environnement de travail plus équitable, plus humain et, in fine, plus performant.
Co-fonder Ninti avec Olga a été à la fois mon plus grand privilège et un défi lourd à porter. Construire une entreprise qui touche à des enjeux aussi intimes pour tant de femmes demande de la force, de la résilience et du courage. Il n’est pas facile de faire évoluer un monde du travail qui, pendant trop longtemps, n’a pas pris en compte la réalité de la santé des femmes. Mais chaque témoignage d’une femme qui me dit qu’elle se sent enfin comprise, chaque message d'une entreprise qui souligne combien notre travail l’a aidée à mettre ses éléments en priorité, me rappelle pourquoi nous menons cette mission. Parce qu’ensemble, nous sommes en train de redéfinir la place de la santé des femmes en entreprise, non plus comme une question secondaire, mais comme un impératif stratégique.
Le 25 mars : faisons bouger les lignes
Chez Ninti, nous avons décidé de ne plus attendre que les choses évoluent d’elles-mêmes. Le 25 mars, lors de notre forum, nous allons rassembler les entreprises, les décideurs et les expertes pour poser les bases d’un nouveau modèle. Un modèle où la santé des femmes n’est plus une variable d’ajustement mais un pilier central des stratégies RH et de bien-être au travail.
La Journée internationale des droits des femmes ne peut pas être un simple rendez-vous symbolique. C’est un rappel de l’urgence à agir. Aujourd’hui, les entreprises ont un choix : rester aveugles à ces enjeux et risquer de perdre des talents, ou devenir pionnières d’un monde du travail plus inclusif et performant.
Mais soyons clairs : la santé des femmes en entreprise ne peut pas être un sujet évoqué une seule journée par an ou mis en avant uniquement durant un mois de sensibilisation. Ce n’est pas une parenthèse, c’est un enjeu structurel qui impacte directement la performance, l’engagement et la rétention des talents.
S’il y a une chose que j’ai apprise, c’est que le changement ne se produit pas spontanément – il ne nous est pas donné, il se revendique, se construit, se met en place avec des actions concrètes.
Et cela signifie que chaque acteur du monde du travail a un rôle à jouer, à son échelle. Que ce soit en intégrant la santé des femmes dans les politiques RH, en mettant en place des aménagements adaptés, en brisant les tabous ou en écoutant réellement les besoins des collaboratrices – nous avons tous le pouvoir d’agir. Alors pourquoi ne pas l’utiliser pour bâtir un environnement de travail plus inclusif, plus performant et enfin adapté aux réalités de toutes et tous ?
La vraie question est : que décide-t-on de faire, maintenant pour un monde durable?
Fatoumata,
Co-fondatrice de Ninti